Homélie du Patriarche Cardinal - Béchara Boutros RAI - Sainte Messe à l’ intention de la France Lundi de Pâques

الإثنين ١٧ نيسان ٢٠١٧

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« Voici l’endroit où on l’avait déposé » (Mc 16, 6)

      

Monsieur l’Ambassadeur,

Mesdames et Messieurs de la Mission Diplomatique Française au Liban,

Chers frères et sœurs,

 

 

1. Je suis heureux de célébrer cette Divine Liturgie, avec Sa Béatitude le Patriarche Nasrallah-Pierre Sfeir, les Evêques et les prêtres, aux intentions de la France, selon une ancienne tradition. Nous prions pour la prospérité et la paix dans ce cher pays. Notre prière accompagne aussi le bien-aimé peuple français en ce moment déterminant où il se prépare à élire un nouveau Président. Je prie Votre Excellence, Monsieur l’Ambassadeur, de transmettre au Président de la République Monsieur François Hollande, nos souhaits les meilleurs de Joyeuse Fête de Pâques, avec nos remerciements pour l’attention qu’il prêtait au Liban le long de son mandat qui touche à sa fin.

 

2. «Voici l’endroit où on l’avait déposé » (Mc16, 6)

 

Par ces paroles le « jeune homme vêtu de blanc » donnait aux femmes la preuve de la Résurrection de Jésus, c’est-à-dire le sépulcre vide qui constitue le présupposé de la résurrection.

Pour la compréhension théologique du « sépulcre  vide », l’Apôtre Pierre applique au Christ la prière du Roi David en disant dans son discours de Pentecôte : « Comme David était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui. Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : il n’a pas été abandonné à la mort et sa chair n’a pas vu la corruption » (Ac 2 : 30-31).

« Ne pas voir la corruption » est proprement la définition de résurrection. La corruption était vue comme une phase dans laquelle la mort devenait définitive.

 Ainsi, pour l’Eglise primitive, le sépulcre vide, étant une partie de l’annonce de la résurrection, est un fait strictement conforme aux Ecritures, comme la mort rédemptrice du Christ.

3. L’essence de la résurrection du Christ est que, tout en étant un événement dans l’histoire, elle brise l’histoire et inaugure une nouvelle dimension où les personnes humaines entrent en communion avec Dieu et entre elles. Elles peuvent ainsi vivre définitivement dans la plénitude de la vie indestructible.

Cette grande réalité théologique nous est révélée d’une manière humble selon le style de Dieu. Il construit son histoire de salut dans la grande histoire de l’humanité, tout en voulant arriver à chacun et chacune de nous à travers la foi et l’amour[1].

4. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous enseigne que le Christ, « premier-né d’entre les morts » (Col 1, 18), est le principe de notre propre résurrection, dès maintenant par la justification de nos âmes, plus tard par la vivification de nos corps.

C’est sur cette intention que nous prions pour obtenir la grâce de notre propre résurrection, qui est celle du cœur.

Le Christ est ressuscité ! المسيح قام! حقًا قام">